Interview de Julien Stylite : l’Hypnose au service du sport

Sportif de haut niveau en équipe de France de Rugby, Julien a dû arrêter suite à une blessure.  Après des études en école de commerce, il s’est mis à son compte, a fait du droit civil puis de la PNL…Confronté à des blocages humains, Julien s’est tourné vers l’Hypnose Humaniste pour les résoudre. Il exerce aujourd’hui cette discipline passionnante dans son cabinet de Bayonne.

Julien, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’hypnose et la façon dont vous l’exercez?
 « Le principe de l’hypnose est de traiter l’esprit conscient pour atteindre l’inconscient. Il existe différentes écoles:Illustration interview l'hypnose humaniste

  • l’hypnose classique basée sur une approche directive. Elle repose sur des suggestions directes du thérapeute. Elles seront les mêmes pour tous les patients atteints de la même pathologie
  • l’hypnose Ericksonienne basée sur une approche stratégique. La personne hypnotisée est dirigée vers un état de conscience modifié grâce à sa propre participation. Certains spécialistes préfèrent d’ailleurs employer le terme d’auto-hypnose.
  • la nouvelle hypnose, qui intègre des techniques de sophrologie et de PNL.
  • et enfin l’Hypnose Humaniste que je pratique, créée par Olivier Lockert.

Quelle est la différence?


L’Hypnose Humaniste est reconnaissable à ses structures d’induction hypnotique dites « en ouverture ». Cela signifie qu’on a simplement inversé la procédure permettant de mettre une personne en état d’hypnose. On lui applique d’abord la technique qui permettrait de la sortir d’un tel état, comme on le ferait à la fin d’une séance. La personne a des signes de transe (yeux qui papillonnent derrière les paupières), mais étant en état de conscience élargie, « prend conscience » de ce qui coince en elle ; elle peut alors le décrire au thérapeute, qui lui indiquera comment y remédier par elle-même, durant la séance.

Le thérapeute n’intervient donc plus lui-même « sur » la personne évitant toute ingérence ou manipulation (même « thérapeutique »). La personne n’a pas à lâcher-prise ou à se laisser faire, comme dans les autres formes d’hypnose. Le thérapeute est un guide et pédagogue, qui l’instruit et l’aide afin qu’elle accomplisse par elle-même les exercices psychologiques qui l’amèneront à changer, en toute autonomie. »

Vous avez pratiqué le sport à haut niveau, quel est l’intérêt de cette technique et dans quel cas est-il bénéfique d’avoir recours à l’hypnose?

« En hypnose on cherche la cause du problème et on ne traite pas le symptôme. Par le biais d’une régression, on peut résoudre un blocage en une séance. J’ai reçu un rugbyman qui était buteur. Dès qu’il posait le ballon pour taper une pénalité, montait une angoisse qui l’empêchait, devant le public, de réussir son coup alors qu’à l’entraînement tout se passait très bien. Nous avons supprimé cette « hallucination négative » en une séance. Maintenant, dès qu’il pose le ballon sur le Tee, il ne voit plus le public et ne ressent plus la pression au moment de tirer »

 Dans le cadre sportif, pour quels motifs êtes-vous consulté ?

« Les personnes que je reçois dans le cadre du sport viennent pour :

  • améliorer la confiance en eux, renforcer leur concentration ou améliorer leur récupération,
  • retrouver le plaisir du jeu, surtout en compétition. Par exemple, Yannick Agnel, nageur double médaillé olympique a utilisé cette technique pour retrouver la notion de jeu et de plaisir. Il est parvenu ainsi à augmenter ses performances.
  • gérer le stress à des moments clés de la pratique, en compétition
  • soigner un traumatisme affectif: la vie personnelle impacte forcément la vie sportive. Un deuil, un divorce, un coup dur, alors qu’il faut assurer sa saison ou aller au bout de son objectif, nécessitent un encadrement et un accompagnement spécifique.
  • cela peut surprendre mais nous pouvons même améliorer la cicatrisation grâce à l’hypnose.”


Quelles sont les limites de cette technique, et les réserves que vous émettez?

« Les limites de l’hypnose sont celles que met le patient de façon consciente ainsi que sa motivation à résoudre son blocage. Par exemple si un patient vient pour arrêter de fumer dans le but de faire plaisir à son conjoint, cela ne marchera pas. Je pose systématiquement la question: « en quoi est-ce important pour vous? »

 Quant aux réserves, on ne traite pas les patients ayant des psychopathologies (maniaco-dépression, schizophrènie, paranoïa). Je commence toujours une séance par une longue phase de découverte, de questions (« l’anamnèse »), plutôt qu’utiliser des protocoles. Cela me permet d’identifier s’il y a une pathologie, et de mettre déjà le doigt sur ce qui est bloquant. On agira ainsi de façon plus précise pendant la période d’hypnose proprement dite. »

 Une anecdote pour terminer?

« J’ai reçu un patient marathonien qui faisait 2 semi-marathons par semaine, soit 21 kms à chaque sortie, pour l’entraînement. Tout se passait très bien.  Mais dès qu’il avait une course en compétition, les crampes arrivaient et il ne pouvait aller au bout. En une seule séance d’hypnose: nous avons remplacé la pression par le plaisir dans son inconscient. Depuis il réussit ses compétitions sans le moindre problème. »

 

 Comment rencontrer son futur hypnothérapeute ?

A l’heure actuelle la pratique de l’hypnose n’est pas réglementée par l’état en France (elle l’est par contre dans d’autres pays comme la Suisse). Il n’existe donc pas encore de titre « officiel » ou d’organisme de contrôle des centres de formation.
C’est pourquoi de nombreux instituts proposent une charte éthique permettant d’expliciter leurs propres règles de fonctionnement et leur conception de la pratique de l’hypnose.

 Vous pouvez choisir votre praticien dans l’annuaire de l’Institut français d’hypnose (par département).
Les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Cependant certaines mutuelles peuvent rembourser les séances d’hypnose.

 

Propos recueillis par Edwige Fajfer

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